Internet et sa révolution

C’est à la fin des années 90 que les musées se dotent d’un site internet. Ces sites sont à cette époque limités par le réseau téléphonique commuté et permettent au mieux la diffusion d’images, comme le propose à l’époque le site du

source: http://mediation.centrepompidou.fr/education/ressources/ENS-identite-visuelle/identite06.html

Site internet du centre Pompidou

Muséum national d’histoire naturelle, ou bien des sons comme sur le site du Musée des Arts et Métiers qui permettaient aux visiteurs d’écouter des musiques via la rubrique Musica Mecanica1. Geneviève Vidal fait ainsi le constat de la situation en 1998 en déclarant que

« Les musées virtuels apparaissent souvent en deça des discours qui annoncent le plus souvent des prouesses technologiques et artistiques « … » Concrètement, ils permettent un accès à des images et des textes, qui renforce la mission de diffusion des musées garants du patrimoine et détenteurs des droits d’images et des analyses sur fiches, cartels et catalogues. Ainsi, l’interactivité, sans être pour autant primordiale, participe indirectement à la mission de service public de diffusion du patrimoine et des connaissances ».2

L’auteur fait bien un lien ici entre l’interactivité et son attractivité, comme le prouve le succès à l’époque des salles modélisées et distribuées par le biais du format Cédérom.

Dans les premières années, Internet ne fut pas une révolution pour les musées, dans son ensemble l’expérience offerte est encore loin des cédéroms développés sous le logiciel Quicktime Virtual Reality qui offre une visite en trois dimensions. Les sites web proposaient des visites guidées sous forme de liens hypertextes enrichis d’images et de cartes. Ces sites sont plus là en tant que compléments d’informations3. Par ailleurs, Genevièvre Vidal note avec regret que l’interaction est réduite à « cliquer sur les deux flèches pour aller en avant et en arrière, et ainsi simuler une visite ».4

Cette interactivité est importante, c’est elle qui enrichit l’expérience. Les applications ludiques sont par ailleurs privilégiées lors du développement des premiers sites web, comme le prouve le site internet du « Jeux d’orgue » développé par le ministère de le Culture, avec la direction de la musique et de la danse.5

Dans l’ensemble, une certaine forme d’uniformisation apparaît quant au contenu des sites internet de musées: des liens hypertextes, des images et de l’information textuelle. Le site internet du Louvre mit en place en mai 1998 un questionnaire à compléter en ligne par les visiteurs. Parmi les suggestions libres formulées, il en ressortit la demande d’explications détaillées, la modélisation en trois dimensions d’œuvres virtuelles, mais également la présence de jeux.6

Internet permit, malgré le manque d’interactivité présent sur les sites, de proposer un plus grand espace d’exposition d’œuvres pour les musées ayant un espace physique réduit, comme ce fut le cas pour le musée d’Histoire des Sciences d’Oxford.7

Les responsables des grands musées internationaux ont rapidement compris l’atout que peut représenter le web. Depuis les années 2000, les responsables de la communication des musées se réunissent dans une grande ville européenne dans le cadre d’un colloque le Communicating the Museum. Ces réunions ont pour but d’échanger entre professionnels sur le retour d’expériences en terme de communication publique, notamment en ce qui concerne le web 2.0.8

L’existence de ce colloque rassemblant les grands musées nationaux tels que la Tate Gallery, Le Louvre, le Rijksmuseum ou encore le Metropolitan Museum, prouve l’intérêt grandissant pour internet, mais également le besoin de se réunir et d’échanger, traduisant une certaine difficulté pour maîtriser cette évolution technologique. Les galeries virtuelles se sont enrichies, les contenus, les vidéos et la modélisation d’œuvres en 3 dimensions ont progressé également. Plus récemment, les réseaux sociaux ont été investis par les responsables de communications des musées.

source: https://i0.wp.com/media.begeek.fr/2011/12/Louvre-nouveau-site.jpg

Le site du musée du Louvre 2011

Des innovations ont été tentées lors de la première décennie des années 2000, mais bien souvent mises en place trop tardivement.

Aujourd’hui, la tendance se dessine lentement, et c’est par le biais de la société Google que la solution risque d’arriver. En 2011, s’est lancé le Google Art Project,(https://www.google.com/culturalinstitute/project/art-project?hl=fr) le but de l’entreprise est de réunir virtuellement les œuvres contenues dans les musées les plus réputés au monde. En utilisant la technologie développée pour Street View, le visiteur peut parcourir virtuellement les musées en un clique.

C’est surtout la centralisation des différentes galeries de musées sur un seul et même site qui est novatrice en terme de solution. De plus, le site offre des œuvres en ultra haute définition, composées de sept milliards de pixels. Aujourd’hui, le Google Art Project recense 260 musées virtuels, cinquante partenariats parmi une quarantaine de pays. En France, 17 musées sont partenaires, dont le Musée du Quai Branly et le Château de Versailles.

À Paris en septembre 2013 s’ouvria un espace physique lié au projet, selon Amit Sood, directeur de l’institut culturel de Google, c’est un lieu d’échanges et de débats. 9 L’avenir nous dira si cette initiative portera ses fruits. Mais il n’est pas encore certain que les grands musées nationaux acceptent de laisser leur communication sur le web à Google.

Une initiative similaire avait été lancée en 2010, une application pour Iphone sous le nom de « culture clic ». Cette application fut développée par i-marginal en collaboration avec la Cité des Sciences et de l’Industrie. Elle permet de découvrir des œuvres en hautes définition et géolocalisées, elle donne également accès à l’utilisateur à des fiches sur les musées français et lui permet d’être informé des événements culturels10.

Nous sommes en droit de nous poser la question suivante : « les bornes interactives ne vont elles à l’avenir, pas disparaître au profit d’applications telles que celle-ci ? »

En réalité, cela pourrait être un gain d’argent pour les musées en terme d’achats de matériel informatique, mais cela engendrerait obligatoirement un prêt de portable pour les visiteurs qui en sont dépourvus. Ces petites révolutions sont possibles grâce aux réseaux 3G et bientôt 4G, disponibles sur tout le territoire, et dont les prix ont fortement baissé depuis ces dernières années. Il reste à savoir maintenant ce que nous réservent l’avenir, et quelle utilisation pourra être fait de la 4G et de son haut débit.

google art

1 AFP, «L’institut culturel de Google ouvrira en septembre à Paris», L’express culture. 2013

http://www.lexpress.fr/actualites/1/culture/l-institut-culturel-de-google-ouvrira-en-septembre-a- paris_1273611.html

2 «Cultureclic : Un nouvel outil multimédia pour les musées sur Iphone», Musée-Oh ! L’actu muséologique, 2013. http://musee-oh.museologie.over-blog.com/article-cultureclic-un-nouvel-outil-multimedia-pour-les-musees- sur-iphone- 48969604.html

3 Ibid. «L’interactivité et les sites web de musée».

4 Ibid. «L’interactivité et les sites web de musée».

5Op cit. «Visiteurs virtuels et musées virtuels».

6RYKER.D, «Les musées et Internet», La tribune de l’art, 2007. www.latribunedelart.com/les-musées-et-internet-a-propos-de-la-conférence-annuelle-communicating-themuseum

7 VIDAL.G, «L’interactivité et les sites web de musée», Publics et Musées, numéro 13, 1998. www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/pumus

8Ibid. «L’interactivité et les sites web de musée»

9Ibid. «L’interactivité et les sites web de musée»

10. Ibid. «L’interactivité et les sites web de musée».

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